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hbenghia


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MessagePosté le: Sam 24 Nov - 08:13 (2007) Répondre en citantRevenir en haut

Le nomadisme et son avenir
Le nomade est loin d'être comme on a parfois tendance à le présenter, un destructeur, un homme de razzia, un génie purement négatif.Ses conquêtes, ses invasions, ses passages, ont parfois bouleversé, secoué, détruit et refait des civilisations. Il a été < fléau de Dieu ", mais aussi colporteur d'idées, de richesses et de techniques. Il est rarement médiocre et vil. Don Quichotte se fait nomade quand naît sa vocation; et l'Arabie antique avait ses chevaliers-errants. Un de mes amis, qui avait été longtemps administrateur dans les hautes plaines du Sud, me disait que c'était là qu'il avait connu des hommes de la plus rare noblesse. On doit saluer, du point de vue pratique, le nomade qui fut longtemps seul à pouvoir vivre au désert, y élever les troupeaux dont le monde a besoin, y conduire des caravanes souvent impatiemment attendues dans les villes. Il faut se méfier des généralisations schématiques, du " désert monothéiste ", de l'agriculteur matérialiste, du nomade dévastateur, du nomade philosophe, etc... Mais on peut avancer, sans abuser de l'esprit de système, que les agriculteurs sédentaires ont développé les institutions politiques (selon l'étymologie même), les lois, la prévoyance, les sciences expérimentales, les instruments et les machines - que les nomades pasteurs sont plutôt rêveurs, contemplatifs, fatalistes, poètes, musiciens, mathématiciens, astronomes. Dans la région qui nous intéresse, et où le monde change beaucoup plus qu'il n'en a l'air, les sédentaires ont contre-attaqué. Leurs empires n'ont plus à contenir, tronçonner, restreindre leurs nomades. Ils les ont parqués, organisés, réduits à merci. Ils leur imposent des conditions de vie nouvelles, inévitables sans doute et sans doute en définitive pour leur bien, mais qui peuvent être transitoirement douloureuses.
Le nomade, éprouvé par les sécheresses périodiques, est mieux secouru, et, de façon permanente, ses troupeaux et pâturages peuvent être améliorés par 1 a technique. Mais ses terrains de parcours sont restreints ; les frontières du nord s'entrouvent parcimonieusement. Le nomade n'exploite plus les populations haratines des oasis, ne fait plus de razzias. Le rail et la route lui enlèvent le monopole du grand commerce caravanier. Le nomade se sent vaguement traqué, indésirable, condamné à la mort lente.
Ce serait sans doute méconnaître à la fois les .ressources de la civilisation et les facultés d'adaptation de la nature. humaine. Le temps fournira de nouvelles synthèses et de nouvelles symbioses. Déjà apparaissent, même sans mirage, les possibilités ouvertes par le pétrole et les mines. Il faudra tenir compte des réalités humaines et non des calculs théoriques. Les sédentaires sous-alimentés ne sont pas très vigoureux ; les nomades sont mal préparés au travail industriel. Mais déjà des résultats apparaissent. Les salaires ont augmenté dans les oasis, non seulement pour les techniciens du nord, mais pour la maindeeuvre locale. Les Pères Blancs se sont lancés avec succès dans la formation professionnelle accélérée de quelques-uns de leurs élèves. En attendant, la migration traditionnelle des Larbaâ se poursuit tout le long de l'année avec la régularité, aux amplitudes pourtant variables, du cours des fleuves et du rythme des saisons. Le capitaine du Barail décrivait ce mouvement perpétuel, qui n'était confus qu'en apparence. Dans leurs pérégrinations entre le Sahara et le Tell, les Larbaâ traversaient les campements d'autres tribus aux migrations moins étendues. " C'est un chassé-croisé perpétuel pendant lequel se font les échanges indispensables, les nomades venant vendre des dattes, des laines, des moutons, des chameaux, et acheter des céréales, des tissus, des objets fabriqués. Il se tient là des marchés qu'on pourrait comparer à nos foires d'autrefois. Les intérêts entre le nord et le sud sont enchevêtrés de telle sorte que les passages de nomades sont considérés non comme une servitude mus comme un contact avantageux qui donne lieu à des relations fécondes ".
Autre exemple de symbiose et d'entraide : Les nomades pour s'éviter le transport des denrées et marchandises qu'ils ont acquises, les déposent dans les villages sahariens qui leur servent d'entrepôts et de magasins où ils viennent puiser. Et chaque nomade a dans les qçour un correspondant qui lui sert d'homme d'affaires et de magasinier.
Marey-Monge avait observé, lors de son expédition de 1844, le commerce des Larbaâ. " Ces tribus ont non seulement les avantages dus à l'élevage des bestiaux, mais elles sont encore comme de grandes maisons de commerce qui réaliseraient d'immenses bénéfices si les maîtres du Tell ne leur faisaient payer des droits considérables pendant l'été, si elle ne se déchiraient pas entre elles et si la guerre qu'elles font de tous côtés ne leur occasionnait pas parfois de grandes pertes. Elles sont néanmoins fort riches ". Les qçoûr des sédentaires servent d'entrepôts. Les marabouts d'Aïn-Mâdhi, de Sidi-Bouzid, de Charef protègent les déplacements. " Les Ksars ne peuvent pas plus se passer des tribus que les tribus des Ksars ". Les bonnes années, on peut à la rigueur se passer du Tell, mais l'exode estival est indispensable en période de sécheresse. Le Tell fournit d'ailleurs en temps normal le sucre, le café, le thé, le fer ; certaines années c'est la vie même des hommes et des bêtes qui est en jeu. Les Arabes nomades envient secrètement les Telliens pour leur vie plus. facile, mais les jugent abatardis et sont fiers de leur propre vie libre, noble, hasardeuse.
C'est en juin que les Arabes risquaient de se souvenir qu'ils étaient les descendants des terribles Banoû Hilal. La moisson est alors finie dans le sud, elle se fait dans le nord en juillet ; juin restait vacant pour les aventures, et la tentation d'aller saisir le blé encore sur pieds. La tentation surmontée, l'été se passait dans le Tell à vendre les marchandises du sud, à acheter des grains. En automne, les Larbaâ rentraient chez eux et attendaient l'hiver pour aller au Mzab et à Touggourt vendre leurs laines, bêtes, beurre, grains rapportés du Tell, marchandises d'Europe, et y acheter des dattes et des étoffes de laine. Au printemps, ils revenaient par le Mzab, achetaient des esclaves, de la poudre d'or, des plumes d'autruche importées du grand sud, et se reposaient dans leur territoire autour de Laghouat. avant de repartir en été pour le nord, ayant fait dans l'année quelque 2.000 kilomètres.
L'achaba de nos jours : Et de nos jours ? L'achaba (de a'châb, verdure printanière) devient nécessaire dès que le soleil a desséché les pâturages et les points d'eau ; mais l'amplitude des oscillations est moindre. Si de grands nomades, comme les Touaregs et les Chaambas, restent purement sahariens, se contentent des ressources de l'erg et de la hamada, étant donné leur petit nombre et la vastitude des étendues, l'accès au Tell est normalement nécessaire et traditionnellement permis aux Larbaâ de Laghouat, aux Saïd Otba d'Ouargla, aux Ouled-Zekri de Touggourt. Des ententes verbales, des mariages, des alliances, des redevances, des indemnités, régularisaient la servitude. Quelques fractions des Larbaâ firent même souche dans le Sersou. Sous le Second Empire, à la suite du sénatus-consulte de 1863 sur la propriété, les droits acquis furent admis, mais à titre de tolérance provisoire. Les centres de colonisation de Vialar, Burdeau, Victor-Hugo, etc..., et la sédentarisation des semi-nomades des Hautes Plaines créèrent une situation nouvelle. Les colons comprirent d'ailleurs qùe les Larbaâ pouvaient leur rendre des services, fournir de la main-d'oeuvre, des bêtes de transport ; mais les droits des nomades étaient de plus en plus précaires et con-testés ; jusqu'à être presque complètement niés, à mesure que les cultures se développaient et que les troupeaux locaux augmentaient. La lutte la plus g ave est peut-être entre l'élevage transhumant et l'élevage local. Les montagnards des Ouled-Naïl viennent sans leurs troupeaux, et presque uniquement pour travailler à la moisson et à la récolte des lentilles. Pour les troupeaux larbaâ, la lutte pour l'herbe est vitale. Mais l'équilibre traditionnel, avec la réciprocité des droits et des servitudes, est rompu depuis que les anciens terrains de parcours sont devenus propriétés privées. En 1953 même, les propriétaires du Sersou refusèrent le règlement préfec toral d'achaba, prétendirent faire payer la location des chaumes, acceptant toutefois de payer une taxe pour envoyer leurs propres troupeaux l'hiver dans le sud. La situation s'est encore aggravée du fait des méthodes modernes de culture qui préfèrent éviter la pollution des terres par les bêtes, brûler ou en fouir les chaumes. Comment rétablir l'équilibre ? Comment sauver les Larbaâ étranglés entre l'aridité du désert et la prospérité du Tell qui ne veut plus d'eux ? On peut essayer un échange de servitudes, réglementer l'accès des troupeaux d'une part, la location des chaumes de l'autre. Mais beaucoup pensent, et c'était l'avis de M. Lehuraux, que la seuls solution complète et durable serait de supprimer l'a chaba des troupeaux dans le Sersou, et de leur per-mettre de se suffire dans leur pays, en valorisant leurs pâturages, ce qui implique toute une politique de grands travaux ou plutôt de multiples petits travaux : points d'eau, puits, éoliennes, plantes nouvelles pour améliorer les pâturages, mise en défense de certaines parties. La résistance du mouton saharien tient du prodige, mais il lui faut un minimum d'eau. La petite et moyenne hydraulique peut seule sauver le mouton et les centaines de milliers d'hommes qui vivent de lui. Les soins vétérinaires ont aussi une grande importance, car le mouton meurt rarement de la seule faim ; celle-ci l'a sensibilisé. Aujourd'hui et en temps normal, une partie des Larbaâ estivent sur place, les autres partent, à la fin de mai pour le nord, par petites caravanes de cinq à six familles, avec quelque deux cents moutons et un petit nombre de chameaux. Ils traversent l'Atlas saharien par la dépression Tadjemout-Zenina-Taguine, qui sépare les monts des Ouled-Naïl des monts Amour. Ils campent, dispersés dans les steppes des communes mixtes de Chellala et du Djebel-Nad( r, spécialement dans la région d'El-Ousseukh, riche en points d'eau récents, grâce aux éoliennes. Ils y rencontrent les Saïd Otba de Ouargla, venus par Ghardaïa Tadjerouna, Taouiala. Ne pouvant plus mener leurs troupeaux dans le Sersou avant la mois-son et les premiers jours d'août, ils séjournent dans cette région intermédiaire, envoyant toutefois en avant des moissonneurs et quelques bêtes de transport et de travail (qu'on est parfois fort heureux d'avoir, par exemple en période de pénurie d'essence). En août, leurs troupeaux arrivent et cherchent leur vie dans les chaumes et les friches. De leur côté, les Saïd Otba arrivent à Waldeck-Rousseau et y séjournent jusqu'à la mi-septembre, puis repartent vers Ouargla où ils arrivent en octobre, pour les dattes. Les Larbaâ, moins pressés, s'attardent dans le Sersou jusqu'en octobre. Le mouvement pendulaire et quasi-cosmique de ces migrations a quelque chose de saisissant ; leur aspect harmonieux et étrange à la fois se retrouve même sur les cartes et les graphiques qui les enregistrent.Le cadre assez rigide laisse place à des variations en ce qui concerne l'ampleur, la date et les chiffres ; c'est la pluie qui décide. Pendant la bonne année 1951, le mouvement des Larbaâ a porté sur 10.000 chameaux et 42.000 ovins ou caprins. A ces grandes oscillations s'ajoutent, comme aux mouvements des planètes et des pôles, des mouvements secondaires, les zones d'attirance variant parfois pour chaque catégorie de bétail. Il arrive qu'en hiver les Larbaâ gardent leurs moutons dans la région des dayas et envoient leurs chameaux dans le Mzab. On constate une tendance à augmenter les emblavures, malgré leur rendement aléatoire, et bien que les vieux nomades regrettent cet usage qui restreint les meilleures pâtures. Les Larbaâ sèment surtout au passage dans le couloir de Zenina sur les dayas et les petites plaines. Cette tradition de culture itinérante remonte sans doute aux temps lointains où les hommes ne savaient pas tirer tout le parti possible de l'agriculture. Elle correspond aujourd'hui au désir assez ancré chez certains terriens de ne pas se fier complètement à la division du travail. Nous connaissons en France des paysans qui tiennent à pratiquer plusieurs cultures, même dans des conditions peu favorables, à faire eux-même leur vin, à semer du blé, tout près des pâturages de montagne, à ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier. Cela diminue sans doute la productivité, mais freine les dangers de la monoculture. Plutôt qu'un accélérateur, le monde nomade constitue un balancier.

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Laghouat, la porte du désert, est une magnifique oasis, qui possède un patrimoine riche et diversifié, naturel et culturel. allons a sa découverte

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MessagePosté le: Sam 24 Nov - 08:13 (2007) Revenir en haut

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