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hbenghia


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MessagePosté le: Sam 24 Nov - 08:10 (2007) Répondre en citantRevenir en haut

La curieuse figure d'Ahmed Bensalem
Ces Hallaf, en mauvais termes avec le qçar d'Assafia, ami des Ouled Serghin, fondèrent contre lui avec des Rahman, en 1801, Qçar et Hiran. Leur grande famille était les Ben Zanoun. Le chef de celle-ci, Ahmed Bensalem (que Marey-Monge comparaît à un prince italien de la Renaissance) épousa la fille de Ahmed ben Lakhdar, des Ouled Serghin, et réussit à prendre tout le pouvoir en 1828, non sans avoir eu, dit-on, à assassiner son beau-père. Il s'ensuivit une période de paix et de prospérité. Mais Bensalem se trouva entraîné dans les remous des guerres d'Abdelkader et des Français.
En 1837 Abdelkader nomma khalifa de Laghouat Hadj Larbi, un petit-fils de Sidi Aïssa. L'année suivante il fit sa fameuse 'expédition contre la zaouïa d'Aïn Madhi et repartit pour le Tell. Bensalem et Tidjani, le marabout d'Aïn Madhi, en profitèrent pour évincer Hadj Larbi qui se réfugia à Qçar el Hiran où les Laghouatis et Bensalem vinrent le tuer après avoir pris le village, en 1839. C'est à ce siège que se place un épisode fameux. Une jeune fille de quinze ans, Aïcha bent Mihoub (Messaouda selon d'autres), voyant avancer les assiégeants, descendit du mur à l'aide de sa ceinture, rejoignit volontairement l'ennemi, criant aux siens de venir la rechercher s'ils n'étaient pas des lâches. Trente jeunes gens, galvanisés, sortirent de la ville, dégagèrent l'héroïne et repoussèrent l'ennemi qui avait déjà planté sur le rempart l'étendard de Tidjani. Des poèmes furent chantés sur cet exploit par les bardes. J'ai essayé en vain de les recueillir. On m'a même dit, l'air étonné, que ce n'était pas la place d'une femme bien élevée de se précipiter ainsi dansla bataille. Pourtant Aïcha (ou Messaouda) n'était pas seulement dans la lignée des héroïnes berbères de Kabylie ou des Aurès, mais dans la tradition arabe la plus pure. Le dévoilement du visage et des cheveux, l'exposition au danger, étaient des gestes presque rituels chez les femmes pour exciter l'ardeur guerrière des hommes. Lamartine, dans son voyage en Orient nous décrit le palanquin renfermant la plus belle jeune fille de la tribu et servant pour ainsi dire d'étendard posté aux endroits les plus critiques, dont la perte entacherait irrémédiablement l'honneur.
La politique de Bensalem, comme celle de la couronne d'Autriche, était appuyée sur des mariages. Ben Nacer ben Chehora, du parti d'Abdelkader et de Hadj Larbi, nommé agha des Larbaâ par les Français, épousa la fille de Bensalem et sa soeur épousa le fils de ce dernier. Bensalem, quand Marey- Monge vint à Zakkar, chez les Ouled Naïl en mars 1844, alla le voir et se fit nommer khalifa pour tout le Sud. C'était un coup de maître, mais Marey-Monge estimait non sans raison, que ce protectorat indirect sur un pays non occupé était un sérieux avantage.
En Mai les troupes de Marey-Monge firent dans le Sud une expédition pacifique, passant par Taguine et Tadjemout. Saint-Arnaud, qui en faisait partie, se fit recevoir quelques instants à Aïn-Madhi sans avoir à user de violence. A Laghouat, la troupe fut reçue en musique. Puis elle se rendit chez les Ouled Naïl du sud-est, revint à Laghouat le 1e' Juin et se retrouva le 11 à Tiaret, poussant peut-être quelques soupirs de soulagement, mais n'ayant eu aucune perte et sans avoir fait l'objet d'aucune plainte. Bensalem resta fidèle pendant l'insurrection de 1845. Il ne tarda pas à se brouiller avec son gendre. A la suite d'une dispute d'achaba, Ben Chehora, se sentant menacé de disgrâce, se rendit à Rouissat, près de. Ouargla. Bensalem, convoqué à Médéa mourut en route, à Boghar. Il fut remplacé par fils Ben Naceur Bensalem qui eut des difficultés avec les Laghouatis. Quand Laghouat accueillit le chérif révolté et refusa de le livrer, le gouverneur général Randon décida l'expédition qui devait aboutir à la prise de la palmeraie et du qçar. Celui-ci fut emporté d'as-saut par Pélissier, Yusuf et Pein le 4 décembre 1852. Le chérif réussit à s'enfuir. Le capitaine du Barail resta comme commandant du poste puis du cercle. Il pansa les blessures de la guerre et rétablit la situation avec une intelligence, une générosité et une énergie qui font de lui un précurseur de Lyautey.
La population et les ressources de l'annexe
Entre les recensements de 1948 et 1954; la population municipale de l'annexe de Laghouat est passée de 41.165 à 43.001 habitants. Pendant cette période, la ville de Laghouat est passée de 11.010 à 11.058 habitants. Les sédentaires des qçour sont passés de 5.312 à 5.579 (soit 5,02 % d'augmentation) ; les nomades, de 24.843 à 26.364 (soit 6,12 %). On voit que les nomades ont augmenté un peu plus que les sédentaires, contrairement à ce que l'on pense habituellement. Mais il faut tenir compte du fait que le recensement des nomades est moins précis et, d'autre part, de ce que ces six années furent relative-ment prospères, n'entraînèrent donc pas la sédentarisation par misère, par " naufrage ". La poussée démographique est assez irrégulière et, dans l'ensemble, modérée. C'est entre 1931 et 1948 que la population avait plus que doublé (augmentation des ressources, progrès de l'hygiène et sans doute aussi du recensement). L'annexe comprend, avec la population comptée à part, 43.220 habitants, dont 922 français non-musulmans, 42.101 français-musulmans, 197 étrangers; soit un peu plus de deux habitants au kilomètre carré. La ville de Laghouat a 11.058 habitants dont 842 européens et 29 étrangers. Les qçour en ont 5.579; les tribus nomades 26.364, dont un peu plus de 20.000 pour les Larbaâ.Le seul important de ces qçour est Qçar el Hirane (2.800 habitants), gros bourg agricole. El Assafia, Delaâ, Aïn el Hamara, El Haouitha ont de 200 à 700 habitants. Aïn Mâdhi (926) vit de sa zaouïa, d'un peu d'agriculture et d'artisanat. Tadjemout (950) profite de sa luzernière, des plantations récentes et du fameux barrage inféro-flux. La population de Laghouat vit surtout des jardins, et un peu de tourisme, du transit, de l'artisanat. Sa particularité est de comporter une bourgeoisie relativement importante et intellectuelle. Il y a quelques années, l'administrateur, M. Hirtz, avait releté parmi les Laghouatis un avocat à la Cour d'appel de Paris, un interne des hôpitaux parisiens, cinq professeurs de Lycée en Afrique du Nord, deux professeurs de médersa à Alger, un directeur de médersa en A.O.F., trois interprêtes au Maroc, quinze officiers d'active et de réserve, dont trois supérieurs, seize instituteurs, un libraire-éditeur à Alger.L'instruction, en français et en arabe, est en effet répandue à Laghouat. De beaux bâtiments scolaires ont été récemment construits.
Les Laghouatis sont pieux : neuf mosquées avec des imams pour toutes les tendances; la grande a été construite sur une position bien dégagée, imposante, par l'Administration, aux débuts du XXe siècle. Bien que fortement combattues par les réformistes, les confréries conservent de l'importance, mais peut-être plus chez les nomades et les autres gçouriens que chez les Laghouatis proprement dits. Pour importer des céréales, café, thé, sucre, huile, cotonnades, quincaillerie et même des dattes, lesLaghouatis exportent du cheptel, de la laine, du beurre, des tissages et de la dinanderie. Le commerce est peu considérable. Le gros élément est le cheptel ovin, et il est, comme dans l'annexe de Djelfa, périodiquement éprouvé par des crises de sèchereE.se qui saignent à blanc l'économie du pays.
L'immigration est quasi nulle : quelques marocains et soudanais viennent encore, temporairement, à Aïn Mâ-dhi. L'émigration est encore plus faible que dans l'annexe de Djelfa 200 à 400 travailleurs à Paris et à Roanne, 200 à 400 dans le Tell. Nous parlerons tout à l'heure du nomadisme. L'artisanat produit en dinanderie des cuivres roses étamés assez originaux. Le tissage concerne surtout les flidjes de tentes, des haïks de femmes et des burnous d'hommes. Les dessins, d'un style sobre et noble se font surtout sur la triga, la bande étroite posée, au sommet de la tente, entre son toit et ses piquets centraux, sur Je melgoût, long tapis de tente, sur le haïl, tenture qui sépare les deux moitiés de la tente, sur les autres tentures ou couvertures, tajerbit, hambal, zerbiya, sur les coussins carrés, dits gata'. A -noter les jolies couvertures,vertes et roses, dites djerbi, d'El-Assafia. Le frech est le tapis de haute laine sur lequel on dort. Pour améliorer la qualité des colorants, si importante pour les tapis et tissages de style traditionnel, un atelier-pilote de teinturerie a été créé à Laghouat.
A Laghouat et à Djelfa le tissage est un travail exclusivement féminin. Dans le Djebel Amour au contraire, nous verrons un homme spécialiste, véritable créateur et compositeur, le reggâm, concevoir l'ornementation du tapis et diriger le travail des femmes. A Laghouat, les femmes aussi sont des artistes, mais avec moins de spécialisation. Elles aiment travailler selon leur inspiration, " leur proposer un modèle, dit à ce sujet Marcelle Bridier, chef du Centre artisanal, est presque considéré comme une insulte qu'elles soulignent d'un geste dédaigneux, un doigt sur le front, indiquant que leur art et leur science sont " là ", prêts à répondre. "
M. Henry Merlet, administrateur des services civils, a procédé à une enquête très minutieuse sur les revenus et le niveau de vie de la population musulmane de l'annexe. Cette enquête a eu lieu n 1954-1955 pendant une période de pluviométrie normale. Pour l'ensemble des familles de 4.013 individus étudiés, parmi les citadins de Laghouat, les ruraux des qçour et les nomades, on trouvé un revenu annuel moyen de 129.843 francs par famille, 23.587 par in dividu. 1 % des familles ont un revenu nul et vivent de charité; 4 % ont moins de 15.000; 10 % de 15.000 à 30.000; 43 de 30.000 à 100.000; 28 % de 100.000 à 200.000; 10 % de 200.000 à 500.000 ; 4 % plus de 500.000.
Les nomades ne sont pas riches et leurs familles sont nombreuses, mais les cas d'extrême pauvreté sont plus rares chez eux que chez les Laghouatis et les qçouriens. Aucune famille n'y a de revenus inférieurs à 30.000 francs. C'est que la vie nomade est terriblement rude: il y faut un minimum de cheptel et de tissus ; ceux qui sont complètement ruinés se sédentarisent, comme nous l'avons vu, ou s'agglomèrent à un autre groupe familial.
Peut-on améliorer cette situation ? des avis les plus autorisés, il résulte que la marge est assez mince. Les chantiers de chômage (déjà utilisés par Du Barail) sont un palliatif. On peut développer encore un peu le tissage. On peut faire de la formation professionnelle, accélérée ou non. L'industrialisation ne semble pas en vue; mais le pétrole pourrait être une donnée nouvelle aux conséquences imprévisibles. On peut améliorer dans une petite mesure les méthodes de culture.

- Les surfaces emblavées varient actuellement de 5.000 à 60.000 hectares, selon les années; on ne saurait les augmenter qu'avec des barrages fort chers, d'un débit hasardeux, rapidement envasés.
C'est sur le cheptel que doit porter le gros effort, en cherchant à le préserver de la maladie, de la soif et de la faim. L'utilisation des remèdes préventifs et curatifs est surtout une affaire d'éducation. Les S.A.R. d'élevage, avec leurs moniteurs, leurs troupeaux modèles et leurs piscines s'y emploient.. Le barrage inféro-flux de Tadjemout a été établi, selon les méthodes américaines les plus modernes, sur un fleuve souterrain, pour permettre une luzernière et des jardins. Il & donné de beaux résultats, mais peut-être disproportionnés aux frais. Il n'est pas moins difficile de conserver rationnellement les réserves. Les intéressés sont routiniers et réticents, malgré l'intérêt évident. Les prix des ovins vont de 7.000 francs en bonne période (par exemple en octobre 1955) à 500 francs en mauvaise période (par exemple en décembre 1953). Avec de tels écarts il y a donc un intérêt vital à consacrer les disponibilités des années grasses à la constitution d'un capital luzerne stocké par les Sociétés Algériennes de Prévoyance ( S.A.P.). Sans doute les disponibilités d'une part, la prévoyance de l'autre, n'ont-elles jamais un niveau très élevé. Mais, comme, malgré sa réticence, la population est assez docile et suggestionnable, on peut espérer que l'éducation adéquate se fera à la longue.
Les moutons boivent très peu : deux fois par semaine trois ou quatre litres... Encore faut-il trouver cette eau sans trop longs déplacements. Lorsque le niveau des puits est bas et que les citernes remplies par les pluies des oueds sont à sec, il faut transporter de l'eau en camions-citernes, parfois à une centaine de kilomètres... C'est un expédient ruineux pour éviter la catastrophe. Le seul point d'eau inépuisable est à Laghouat. Il faudrait multiplier les points d'eau dans la région des dayas, où les pâturages verts sont très riches quand il a plu, et les p` turages secs encore bons, si l'on peut abreuver les bêtes. Mais la nappe phréatique sera-t-elle généreuse ?

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Laghouat, la porte du désert, est une magnifique oasis, qui possède un patrimoine riche et diversifié, naturel et culturel. allons a sa découverte

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MessagePosté le: Sam 24 Nov - 08:10 (2007) Revenir en haut

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