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hbenghia


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MessagePosté le: Ven 23 Nov - 13:52 (2007) Répondre en citantRevenir en haut

Les conditions de déclenchement de la résistance
de la ville de Laghouat

L'administration coloniale avait œuvré à semer la mésentente et la discorde parmi les dirigeants et chefs de tribus ainsi que les cheikhs de zaouïas, ce qui déboucha sur la déstabilisation de la région et l'émergence de troubles très graves au moment où s'était déclenchée la résistance des Zaatchas.
Toutes ces données avaient convaincu la France de la nécessité de lancer une expédition sur Laghouat à partir de Médéa, et cette mission fut officiellement confiée au Général L'ADMIRAULT en Mai 1851.
Le 3 juin 1851, la colonne française entrait à Djelfa et invitait les chefs de tribu parmi lesquels le khalifa de Laghouat, l'Agha Si Chérif Bellahrèche.

Le commandant envisageait de nommer Bennaceur Ben Chohra, khalifa à Laghouat à la place de Ahmed Bensalem mais Bennaceur continuait à considérer que les Français n'étaient que des conquérants avides et refusa de se mettre à leur service préférant rallier Mohamed Ben Abdallah, l'un des flambeaux de la résistance contre l'occupation dans le sud algérien.
La chute de la ville
De retour à Laghouat, Bennaceur Ben Chohra entra au ksar de la ville. De son côté, le gouverneur général RANDON

(Photos du Général Randon (1795-1871), maréchal de France,sénateur")
ordonna au Général L'Admirault de marcher sur Laghouat à la tête d'une colonne de plus de 1500 soldats.

Celui-ci parvint jusqu'aux remparts de la ville le 4 mars puis avança jusqu'à Ksar Hirane sans heurts.

Il y installa un bataillon de son armée ainsi qu'une troupe de spahis et retourna ensuite vers Laghouat.
Malgré cela, l'administration coloniale continuant à craindre la réaction des Algériens, jugea nécessaire de faire venir des unités supplémentaires de l'armée basées à Tiaret sous le commandement du Général DELIGNY.
De son côté, Mohammed Ben Abdallah marcha sur les environs de la ville de Laghouat afin de sensibiliser les tribus qui hésitaient encore à se rallier à lui. Mais très rapidement, il dut se replier sur Tajrouna, près de Oued Zargoun après avoir eu connaissance des mouvements du Général L'ADMIRAULT.

(Photo du général L Admirault 1808-1898)

Il fit en sorte de mobiliser davantage d'hommes parmi les tribus et rejoignit l'armée de Bennaceur Ben Chohra composée d'éléments de la tribu des Ouled Sidi Atallah, Saïd Otba, El Mekhadma de Ouargla, les Chaamba de Metlili, les Ouled Ameur de Timacin , Ouled Djellab et les gens du Mizab. Ce rassemblement a fait naître des craintes chez les Français et l'officier "Collineau" fut chargé de regrouper les bataillons de l'armée en prévision de l'affrontement.
Entre temps, le chérif Mohamed Ben Abdallah n'avait pas cessé de se rendre à Laghouat afin de sensibiliser les populations. Ayant appris cela, le Général "Yussuf"

(Photo du Général Yssuf 1812-1866)
tenta sans succès de soudoyer par divers moyens les habitants de Laghouat en échange de la vie du chérif. Le gouverneur général décida alors d'intervenir militairement pour frapper Laghouat et la soumettre.

A cet effet, il mobilisa cinq colonnes sous le commandement du général Pellissier.
Tous ces préparatifs laissaient présager le début de la guerre et les combats débutèrent effectivement le 03 décembre au matin sur divers fronts, dans le but de faire tomber Laghouat. L'assaut se poursuivit le jour suivant et les troupes françaises parvinrent à pénétrer dans les positions renforcées, prenant la mosquée comme quartier opérationnel. Le Général Buscarin trouva la mort au cours de l'affrontement et fut remplacé par le colonel "Cler" en coordination avec le Général Yussuf pour prendre d'assaut la ville où des combats violents furent engagés dans les rues et même les maisons et coûtèrent à l'armée française des pertes considérables. Les combattants firent preuve de courage et de tenacité dans leur résistance tandis que l'artillerie avait concentré ses tirs sur les remparts de la ville afin de permettre à un plus grand nombre de soldats d'entrer dans la ville et d'en occuper les hauteurs. L'affrontement se poursuivit longtemps pour s'achever par la prise de Laghouat. Des massacres horribles et des exactions furent commis sur les habitants, sur les crânes desquels Pélissier fêta sa victoire. Des tapis somptueux furent étalés au centre de la ville où il prit son déjeuner avec ses officiers et procéda à la nomination du colonel "Cler"

(Photo du colonel Le Cler)
Commandant suprême de la ville de Laghouat.

Les rescapés parmi les habitants de la ville réussirent à fuir avec à leur tête le chérif Mohamed Ben Abdallah, Bennaceur ben Chohra , Yahia ben Maamar et Et Telli ben Lakehal après avoir réalisé que l'affrontement ne pouvait avoir lieu, en raison d'une part du déséquilibre du rapport de forces militaires, et d'autre part du nombre de victimes qui avait dépassé 2500 martyrs, sans compter le nombre de blessés qui ne purent échapper aux poursuites des soldats français en vue de les achever.
Cette situation dura plus d'une semaine, l'objectif étant la liquidation des poches de résistance dans les différentes zones. Du côté français, outre un nombre important de blessés, on dénombra environ 60 tués avec à leur tête le Général "Buscarin" qui fut enterré là-bas ainsi que le chef de bataillon Morin.


Les conséquences de la résistance
La prise de Laghouat fut considérée comme une victoire pour la France qui y vit un pas important dans l'expansion vers le Sahara algérien et sa soumission, outre le fait qu'elle visait :
- La soumission des Béni Mzab en les contraignant à passer obligatoirement par Laghouat.
- Le contrôle des approvisionnements dans les dépôts de Laghouat et l'imposition de taxes aux populations du Sahara.
- Transformer Laghouat en centre d'administration et de contrôle des affaires commerciales vers les confins du Sahara.
- Faire de Laghouat un point de départ pour l'expansion française dans le Sahara algérien.
Cependant, la résistance dirigée de Bennaceur Ben Chohra et Mohamed Ben Abdallah s'est poursuivie au même rythme; ce qui entrava l'expansion française au Sahara, notamment après que cette résistance déboucha sur celle des Ouled Sidi Cheikh et l'émergence de Mohammed Bentoumi, dit Chérif Bouchoucha.

Un témoignage important d’Emile Dermenghem
L’écrit d’Emile Dermenghem intitulé ‘ LE PAYS D’ABEL ’
donne à Laghouat le mérite d’avoir mené une bataille sans merci ( Le drame de 1852), comparable à celle mené par le peuple russe contre les français, sous le règne de Napoléon Bonaparte, que Tolstoi à décrit dans son œuvre célèbre ‘ GUERRE ET PAIX ’…
l’auteur décrit la prise de Laghouat, page 124, dans ces termes:
« Yusuf commandant de la subdivision de Média, venait de construire le borj de Djelfa qui allait commander une nouvelle route, l’actuelle, alors qu’auparavant on passait par Taguine, Charef et longeait le Djebel Amour pour déboucher sur l’oued Mzi. Il avait installé à Laghouat un jeune officier Mohammed ben Hamida dont le principal rôle était de surveiller le caid Cheikh ‘ Ali fils de Bensalem’. Ben Hamida aimait un peu trop les femmes et l’argent et déplu aux Laghouatis. Il dut reprendre peu glorieusement le chemin de Djelfa.

Les Laghouatis, Hallaf en tete, décidèrent d’appeler le chérif insurgé. Les deux fils de Bensalem, Touati et Cheikh Ali se refugièrent l’un chez les Tedjini l’autre chez Yusuf. Mohammed ben Abdallah entra triomphalement dans Laghouat, Roi éphémère du Sahara, il avait avec lui les Larbaa, Ben Naceur ben Chohra, les Said Otba et les Mekhadma d’Ouargla, les Chaamba de Metlili, les Mozabites, etc. Yusuf demanda aux Laghouatis de le livrer. Ses envoyés furent reçus à coups de fusils Le gouverneur Général Rondon décida alors l’expédition. Trois colonnes partirent d’Oran, de Mascara et Saida avec le général de division Pélissier; une arriva de Djeffa avec le général Yusuf qui était le plus proche, établi à la fin de novembre, avec 1500 hommes, sans camp à deux kilomètre de Laghouat. Rejoint par Pein le 29, il bouillait d’impatience et aurait attaquer sans attendre Pélissier si ses officiers ne l’avaient pas retenu. Pélissier arriva le 2 décembre avec des canons " Mon général,
lui dit Yusuf, nous sommes tous très heureux de vous voir venir partager nos travaux.
– Comment, partager ? s’écria le divisionnaire. C’est diriger que voulez dire." Et comme Yusuf


toussotait pour retrouver le fil de son discours: " Vous êtes enrhumé, Yusuf ? Ah! Par exemple, je veux bien partager votre rhume."
La journée du 3 décembre fut consacrée à des prises de position et à des reconnaissances. Une centaine de soldats furent tués ou blessés. Le marabout de Sidi Hadj Aissa fut pris et repris plusieurs fois. C’est là que fut blessé mortellement le capitaineBessière. L’unique canon des assiégés tira sans efficacité sur les troupes de cavaliers mobiles. Pélissier ramena ses troupes le soir, puis fit prendre dans la nuit le marabout pour le fortifier avec des sacs de terre et y installer ses deux canons. Ceux-ci protégeant les collines d’assaut, ouvrirent le feu à l’aube du 4 et firent brèche dans les remparts de briques crues. Le général Bouscaren fut alors blessé à la jambe ( il devait mourir quelques jours après pendant l’amputation ).

Le commandant Morand fut tué pendant l’assaut à la tête de ses zouaves. Yusuf attaquait à l’est avec des échelles, les troupes d’Oran à l’ouest par la brèche. A midi les deux généraux se donnaient la main sur la terrasse de la maison de commandement de l’ancien Khalifa Bensalem. L’après midi on prit les jardins un à un, mais on laisse s’échapper le chérif qui se réfugia à Ouargla puis à Touggourt.
lendemain on compta environ 2500 morts dont les cadavres posèrent des problèmes. La ville prise d’assaut, avait subit toutes les horreurs de la guerre." Elle connut écrit Du Barail




tous les excès que peuvent commettre des soldats livrés un instant à eux même, enfiévrés par une lutte terrible, furieux des dangers qu’ils viennent de courir, furieux des pertes qu’ils viennent d’éprouver, et exaltés par une victoire vivement disputée et chèrement achetée. Il y eu des scènes affreuses. Il y eu aussi des actes d’humanité vraiment touchant…Pendant le carnage les fuyards étaient venus donner dans le filet de cavalerie. On sabrait tout ceux qui résistaient et on envoyait ceux qui faisaient leur soumission rejoindre le troupeau lamentable formé par toute la population de Laghouat, hommes, femmes, enfants, tout cela prisonnier à la merci du vainqueur, sans qu’aucune convention protégea la vie ni les biens." Du Barail, qui sait être humoristique avec la discrétion exigée par la discipline et le sens de l’hiérarchie, se fait un malin plaisir de souligner que Pélissier négligea de faire bien chercher par une troupe débandée le chérif responsable, et il a la malice de reproduire le rapport officiel du général paru le 14 décembre dans le plus style du moniteur." Je ne sais pas encore le sort du Chérif, il faudrait le chercher sans doute parmi les cadavres… Les femmes, les enfants ont été respectés et les soldats, auxquels j’avais recommandé la générosité, ont montré autant d’humanité que de bravoure."
On se débarrassait des cadavres comme on pouvait; en les jetant dans les puits. A une observation du général, le commandant de Chabron répliquait:
" Que voulez-vous, mon général, nous ne pouvons pas enterrer les morts aussi vite que vous les faites…"
Cinq moi seulement après,
le peintre Fromentin arrivait à Laghouat avec ses pinceaux, sa palette et ses carnets de notes. Il visita les lieux du drame avec l’un de ses témoins.
… Quand on eut enfoui tous les morts, il ne resta presque plus personne dans la ville, excepté les 1200 hommes de garnison. Tous les survivants avaient pris la fuite et s’étaient répandus dans le sud. Le chérif échappé on ne sait comment, ne s’évada que dans la nuit qui suivit la prise, et, tout blessé qu’on le disait, après l’avoir dit mort, il ne fit qu’une traite d’El Aghouat à Ouargla. Femmes enfants tout le monde s’était expatrié. Les chiens eux même privés de leurs maîtres, émigrèrent en masse et ne sont pas revenus. Ce fut donc pendant quelques temps une solitude terrible, et bien plus menaçante que ne l’eut été le voisinage d’une population hostile et difficile à contenir.
Dès le premier soir, des nuées de corbeaux et de vautours arrivèrent on ne sait d’ou, car il n’en avait pas paru un seul avant la bataille. Pendant un mois, ils volèrent sur la ville comme au-dessus d’un charnier, en si grand nombre, qu’il fallut organiser de chasses pour écarter ces hôtes incommodes. Ils s’en allèrent enfin d’eux-mêmes.
Mais tout cette mousqueterie succédant aux canonnades du siège avait si bien détruit la tranquillité des jardins, que les pigeons des palmiers, il y’en avaient des milliers, finirent aussi par s’exiler ; de sorte que la même solitude s’étendit jusque dans les oasis …/
…"

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Laghouat, la porte du désert, est une magnifique oasis, qui possède un patrimoine riche et diversifié, naturel et culturel. allons a sa découverte

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MessagePosté le: Ven 23 Nov - 13:52 (2007) Revenir en haut

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