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hbenghia


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MessagePosté le: Jeu 22 Nov - 10:45 (2007) Répondre en citantRevenir en haut

El-Ghicha et les pierres écrites
Au coeur des plus hautes gadas, chez les Ouled Yagoub el Ghaba (de la Forêt), le qçar d'El-Ghicha est au contraire fort bien arrosé. Un moulin, dont on voit les ruines fut même installé, au début du siècle, par un européen, sur une très pittdresque chute de l'oued. L'endroit est célèbre par ses gravures rupestres préhistoriques d'âge
néolithique:
A Sfisifa d'abord sur une falaise aprupte entre la forêt de l'oued, puis dans la vallée du moulin, dans un chaos de rochers gréseux couverts d'un enduit noirâtre. Ce n'est pas sans émotion qu'on déchiffre ces tçâouir al jouhalâ, ces " dessins des anciens payens " comme disent les gens du pays. Ils représentent
à Sfisifa un grand et petit éléphant
un lion à la tête de profil comme le corps, un grand mouflon... dans l'autre site, des éléphants, un lion à tète de face, un bélier à disque entre les cornes, qui a fait couler beaucoup d'encre, un buffle ou mouflon, et d'étranges personnages à six membres, bras et jambes écartés (comme les bordures stylisées de certains tapis) que l'on qualifie de " grenouilles ". A l'entrée du qçar, de l'ancien bordj où fut d'abord le siège de l'annexe entre 1857 et 1859, on domine le beau cimetière où s'élèvent les qoubbas ue Hadj Slimane ben Ahmed, septième aïeul de l'actuel caïd, et de Sidi Amer, fils du Cheikh Mabrouk enterré à Laghouat.
Pour en terminer avec les qçour, citons Tajrouna, au sud du massif, dans le long appendice qui termine les cartes de la commune et correspond aux terrains de parcours à peu près désertiques. On trouve pourtant des lettrés dans ce village austère à l'assaut duquel semblent monter les sables, et dont le patron est le savant Sidi Mohammed ben Youssef qui vécut au
XVIIè siècle.


Les saints de la montagne
Peu de régions d'Algérie, même dans la pieuse Oranie, ont autant de saints et de qoubbas que le Djebel Amour, que ces saints soient des ascètes isolés, des ancêtres de tribus ou des représentants de confréries mystiques. Ces confréries ont joué et jouent un rôle considérable, comme nous avons déjà eu l'occasion de le voir pour les Ouled Sidi Cheikh et pour les Rahmania. L'échelle de leur importance n'est pas tout à fait la même pour les nomades et pour les sédentaires. En ce qui concerne les nomades, la plus influente est celle des Taïbia (d'Ouezzan, si importante dans l'extrême Sud-Oranais resté longtemps dans l'orbite du Maroc) ; puis viennent les Qadirias fondés par Abdelkader Jilani, le grand saint de Bagdad, qui a tant de qoubbas dans toute l'Oranie ; puis les Rahmania, fondés il y a deux siècles en Kabylie et dont les grands centres du Sud sont Tolga et El Hamel ; puis les fameux Ouled Sidi Cheikh (XVII11Q siècle) dont le centre est à El-Abiodh, près de Géryville ; puis les Tidjania fondés à Aïn-Madhi au XVIIIre siècle ; enfin les Derqaoua, branchE moderne de la grande école Chadilia. Pour les sédentaires, les Taïbia sont aussi en tête, mais sont suivis par les Rahmania, les Qadiria et les Ouled Sidi Cheikh.

Sans quitter Aflou, nous avons, au cimetière, trois belles qoubbas : celle de Sidi Ben Guelloula, le mémorial de Sidi Abdelkader et le mausolée de Sidi Abdallah ben Osmân et Sidi-Bou-Menad, aïeul d'une branche des Ouled Mimoun Chéraga. Plus loin, sur la droite au sommet d'un mamelon où s'entassent les rochers, on vénère l'archaïque et mystérieuse Lalla Mougrène, déformation de Oum el Graïn, la Dame à la Petite Corne, car elle apparaît en rêve avec une petite corne brillante au sommet du front. Son sanctuaire e une allure préhistorique impressionnante : c'est un grand cercle ouvert d'un côté de grosses pierres brutes, d'un mètre cinquante de haut. De petits croissants de pierres moins grosses l'entourent, semblant indiquer des tombes ou des maqâms, bien qu'il n'y ait pas trace de cimetière dans toute cette rocaille. Lalla Mougrène, me dit un berger, est visitée par les femmes assez régulièrement. Signalons que, bien loin de là, au sud de Tindouf, aux abords du Rio de Oro, de la Saguiat el Hamra, la Vallée Rouge,, d'où viennent traditionnellement tant de santons, Fort Trinquet a pour mon ancien Bir Moughrein, déformation de Bir Oum Gran, le Puits de la Dame à la Corne.
A quelques kilomètres du centre, au flanc du Mont Sidi Okba (1.707 mètres), Sidi Boulefaâ est visité, pour obtenir la pluie, avec des bendaïr et des chants. Il doit son nom à ce qu'une vipère au-rait été trouvée dans son berceau.
L'ancêtre des Adjalètes et de Sidi Boulefaâ lui-même, est Sidi Belqâcem ; et j'ai pu assister à Guelta au grand thaâm d'automne en son honneur, avec baroud à cheval, sous la présidence du vieux et respecté bachagha Mohammed Ben
Mo.dz ben Fatima. Sa tombe elle-même est plus loin dans la montagne.
Nous avons parlé
des saints de Taouïala: Quand on se rend dans ce qçar, on voit, à droite, d'abord la montagne de Sidi Okba, puis celle d'Oum el Gdour, la Mère aux Marmites (dans lesquelles sont censés cachés des trésors), puis Quarn-el-ârif, la Corne de l'initié. Cette montagne est à Sebgag, chez les Ouled Mimoun Gheraba, château d'eau, tête du Chélif, où l'on ne compte pas moins de cent une sources jaillissantes.
C'est au col de Sebgag qu'est enterré Sidi Hamza devant la tombe duquel on fait parfois un rerepas collectif. Et le lieu saint le plus mystérieux de cette sauvage montagne est la grotte Khannoufa, où l'on entend résonner comme des chants étranges et des battements de bendaïr. Les Ouled Mimoun Gheraba et les Ouled Sidi Hamza y vont en ziara et l'on y égorge des moutons. Autour de cette grotte vivent de nombreux ledmis, grandesantilopes qu'il est interdit de tuer, même quand el-les descendent vers la plaine. Et l'on me raconte qu'un chasseur tua, il y a une soixante d'années, une de ces bêtes. Il mourut ainsi que son slougui, dans d'atroces souffrances, se sentant écorcher et dé-couper en morceaux en même temps que l'on dépeçait l'animal. Et l'actuel caïd me dit qu'un jour, il eut, chasseur ardent, bien du mal à résister à la tentation de tirer sur un de ces ledmis, mais sentit heureusement son fusil s'appesantir lourdement dans ses mains. Disons, entre parenthèses, que le Djebel Amour est un pays, propice à la chasse.

Les fameux mouflons(larouis), dont on voit de magnifiques dépouilles, sont devenus rares.


Mais il y a encore des antilopes

Des outardes

Et beaucoup de perdrix


parmi les genévriers, les touffes d'alfa et les armoises.


C'est au coeur du massif à l'embranchement de la piste de Sidi Bouzid et de celle qui conduit à Enfous (où, chez les Ouled Srour, fraction particulièrement isolée des Ouled Yagoub et Ghaba, coule une source sainte dite aïn-el-khadra, la Source Verte) que se trouve la belle qoubba (à curieux tambour mince, octogonal droit) qui abrite Sidi Osmân (des Ouled Sidi Hamza) et Sidi Khaled (des Ouled Yagoub el Ghaba), frères utérins, au milieu d'un cimetière ombragé par de très vieux genèvriers rouges, arars, dont certains sont ornés de chiffons votifs. Les descendants de Sidi Khaled y font un' thaâm en octobre. C'est dans cet endroit désert que, selon les légendes se réunit lediu ân eççalihîra, l'assemblée des saints cachés qui règlent mystiquement les destinées du monde. Il est en effet plein de beauté, de recueillement et de cette " religieuse terreur " qui émanait des bois sacrés, des luci et des alsoi antiques.


Tapis et bijoux


Il ne nous appartient pas de parler de la grande spécialité du Djebel Amour, l'artisanat et surtout les tapis. D'autres l'ont fait mieux que nous n.epourrions le faire.

Les bijoux
leurs usages, les techniques de fabrication, le lexique qui les concerne ont été décrits par M. Bachir Yllès, dont la contribution est précieuse à l'étude de l'artisanat comme à la linguistique.

les fameux tapis
sans doute les plus beaux de l'Afrique du Nora, les plus solides, les plus traditionnels, d'une esthétique riche et sobre à la fois, qui leur permet de s'harmoniser à tous les intérieurs, tente, gourbis ou luxueux salons européen, ont été savamment décrits par le Père Giacobetti, il y a une trentaine d'années et tout récemment par M. Golvin, dans sa belle thèse sur les tapis algériens.

Emile Dermenghem



BIBLIOGRAPHIE
La bibliographie du Djebel Amour est assez pauvre. Le pays demanderait une étude géographique, historique et ethnographique approfondie. Nous avons surtout utilisé pour cet aperçu sommaire, outre quelques observations personnelles et des renseignements oraux, les archives de la commune mixte et celles du Gouvernement Général, séries H, X, et Y, l'excellente étude citée di-dessus de M. Bellot sur Taouïala et des notes de M. Yllès.
Parmi les imprimés, il convient de citer notamment :CAPOT-REY (Robert), Le Sahara Français, 1953.CAUVET (Ct), Le Djebel Amour, Bulletin de la Société de Géographie d'Alger, 1935, pages 45-82. DERRIEN (Cl), Le Djebel Amour, Société de Géographie d'Oran, 1895, pages 183-206. DESPOIS (Jean), L'Afrique du Nord, 1949.FABRE, Monographie de la Commune Indigène de Tiaret-Aflou, Société de Géographie d'Oran, 1902, pages 258-314.FLAMAND (G.B.M.), Les Pierres Ecrites... gravures et inscriptions rupestres du Nord-Africain, 1921, livre III, chap. II.GAUTHIER (E.F.), Le Passé de l'Afrique du Nord, 1942, Chap. I.GIACOBETTI, Les tapis et les procédés de tissage du Djebel Amour, 1933 (Collection du Centenaire)GOLVIN (Lucien), Les Arts populaires en Algérie, I, Les techniques de tissages, 1950 ; II, 1, tapis algériens, 1953.MARÇAIS (Georges), Les Arabes en Berbérie du XI""' au XIV"'° siècle, 1914.MARCHAND (Dr H.), Mélange d'ethnographie et de sociologie nord-africaine, 1951, pages 157-165.TRUMELET (Cl), Les Français dans le désert, 2m° Edition, 1885, chap. VIII et IX, (expédition de 1854).YLLES (Bachir), Les bijoux du Djebel Amour, Algéria, Février 1954.

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Laghouat, la porte du désert, est une magnifique oasis, qui possède un patrimoine riche et diversifié, naturel et culturel. allons a sa découverte

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